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Le manager ; un caméléon comme les autres ?

Mis à jour : 29 oct. 2020

Les limites de l'adaptation ; rester soi-même...

On considère souvent que le “principe de base“, pour un manager, est de s’adapter.

S’adapter aux personnalités différentes des gens qu’il manage, s’adapter aux évolutions de leur motivation qui évolue elle aussi, et de leur niveau de compétences - différent d’un sujet à l’autre, s’adapter aux objectifs de l’entreprise qui évoluent sans cesse, s’adapter à la culture de l’entreprise et à ses valeurs...


MAIS ATTENTION !!! “Tu dois rester toi-même !!! Et surtout, rester spontané !!!


Tout cela ne vous semble pas relever de l’injonction paradoxale, si destructrice ?

A moins d’être un caméléon ! Seul animal qui reste lui-même en s’adaptant à tout...


”À tout” ? Non ! Mettez le caméléon sur la banquise...pas sûr qu’il s’adapte...

Mettez-le sur un plaid écossais ; il tourne fou... :)

Le manager serait-il plus caméléon que le caméléon lui-même ?

Le manager est une femme ou un homme comme les autres !

Un animal social. En ce sens, il s’adapte ! Nous ne nous comportons pas de manière identique avec nos interlocuteurs, c’est un fait. Comme tous les êtres humains le manager réagit, interagit, se synchronise plus ou moins et plus ou moins consciemment avec les autres. Ce n’est pas ce qui fait son rôle ni sa mission.

L’individu, femme ou homme, manager ou non, est plus ou moins directif, plus ou moins empathique, plus ou moins pédagogue, patient,...etc...

Demander à un(e) manager de s’adapter aux autres, c’est pour paraphraser une citation attribuée à Steve Jobs et qui tourne sur les réseaux : “ embaucher des gens avec des compétences pour leur demander de ne pas les utiliser…“

Je ne dis pas que cela ne part pas d’une intention louable. Mais c’est contreproductif et dangereux !

Si le manager s’adapte en permanence aux autres, il n’est plus “lisible“ par ses collaborateurs. Il peut également être soupçonné de management inégalitaire, puisqu’il se comporte différemment d’un managé à l’autre...


Une jeune manager, il y a quelque temps, me demandait “comment gérer la relation lorsque votre interlocuteur se met à pleurer“ ? Les personnes présentes avaient toutes une proposition relevant de leur personnalité et de leur expérience.

Le “gros dur testostéroné“ qui considérait les pleurs comme une preuve de faiblesse.

L’empathique qui prônait l’écoute. Chacun y allait de son interprétation et de sa proposition.

Mais cette jeune femme avait une problématique toute autre ; “quand je vois quelqu’un pleurer, j’ai envie de le prendre dans mes bras, et de le consoler...“ me dit-elle.


Est-elle une bonne manager ? Peut-elle être une bonne manager ? Est-ce bien, est-ce mal ?

Je n’en sais rien, et ce n’est pas le sujet ! Elle est comme cela ! Non pas en tant que manager, mais en tant que personne.

Comment lui demander d’être elle-même en niant cela ? En tant qu’humain, elle est sensible à la tristesse des autres. Point fort ? Point faible ? Les deux certainement !

Je me mis pourtant à pleurer pour voir où cela nous mènerait... ébahie, elle me regarda un moment et me demanda : “vous voulez dire que je me fais avoir ?“

Evidemment, le manager n’est pas le seul à s’adapter à l’autre. Son interlocuteur s’adapte également...Certains peuvent donc jouer, et tenter d’utiliser cette capacité d’adaptation à leurs fins. Qui manage alors ?


Le sujet de l’adaptation du manager aux autres est une impasse.

L’être humain s’adapte, spontanément. Laissons le manager le faire puisqu’il est d’abord et avant tout, un être humain !

Pour autant, le manager en tant que tel n’a pas besoin d’en rajouter.

Au contraire, le manager se doit d’être factuel et méthodologique.


Factuel, parce que les faits sont têtus. Que mon interlocuteur pleure ou soit fier de lui, qu’il ait des explications ou des circonstances atténuantes ou aggravantes ; le résultat est atteint ou pas, l’action prévue a été mise en œuvre ou pas, une règle a été transgressée ou pas, ...

A situation identique, quel que soit le collaborateur en question, quelle que soit sa personnalité, quelle que soit la mienne, la méthodologie doit être identique et basée sur les faits.

Cela ne signifie pas qu’en tant qu’individu je sois insensible. Cela veut seulement dire que le manager est un individu qui a une mission spécifique. Que cette mission, comme toutes les autres, relève d’une méthodologie précise. Et surtout qu’en tant que pivot de l’équipe, le manager doit être objectif, transparent et égalitaire.


Ainsi, le manager n’a pas à être un caméléon soumis à des injonctions paradoxales ; il reste lui-même et applique une méthode !

Le manager est un professionnel comme les autres !

Il fait partie d’une équipe, et est attendu sur des compétences précises !

Alors, ”le manager idéal” existe-t-il ?

Oui, et non !

Le ”manager idéal” d’une entreprise n’est pas aussi idéal dans une autre...

D’abord parce que son profil personnel correspondra plus ou moins bien, voire pas du tout. Imaginez feu l’inspecteur Derrick chez Mac Donald... Ou au contraire, un individu très participatif manager d’un commando dans l’armée... (Je ne parle pas ici d'une limite de compétences !)

Ensuite parce qu’au-delà de sa personnalité, la question des valeurs se pose. Comme pour tous les collaborateurs d’une entreprise, le manager doit se sentir en cohérence avec les valeurs de son entreprise.

Il ne s’agit plus ici de management, mais de recrutement.

Le ”manager idéal” est celui qui dispose d’une personnalité adaptée à ”l’esprit” de l’entreprise et de valeurs cohérentes avec celles qui y prévalent.

Le manager “idéal“ n’est pas idéal dans l’absolu, mais relativement à l’entreprise dans laquelle il va exercer sa méthodologie.

Le recrutement d’un collaborateur ne doit pas se faire exclusivement sur ses compétences, mais également sur sa personnalité et sa motivation. Il en va de même pour un manager


Le manager est un collaborateur comme les autres !


Manager est un métier ! Comme tous les métiers, il relève de “bonnes pratiques“ et s’apprend. La personnalité, l’histoire, la psychologie de chaque individu peut lui faciliter, ou contrarier, l’acquisition des compétences managériales requises.

Mais la meilleure manière d’être “bon dans son métier“ ; c’est d’y être “soi-même“ et de le faire avec cœur ! Manager, ce n’est pas vouloir ressembler à quiconque, ce n’est pas tendre vers l’empathie quand on est directif ou quand on se retrouve face à un collaborateur hyper-sensible...

Manager, c’est faire ce qu’il faut faire. Acquérir, progressivement, les techniques, puis les bons réflexes, les compléter. “Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse, et le repolissez, Ajoutez quelquefois, et souvent effacez“.


A ce prix, la/le manager idéal(e), c’est vous !

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